Le Journal

KBR accueille le fonds patrimonial audio de la Médiathèque Nouvelle

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À la suite de la fermeture de la Médiathèque Nouvelle fin juin 2026, l'asbl a fait don à la Bibliothèque royale de Belgique (KBR) de son fonds patrimonial audio. La cérémonie officielle de déballage des premiers vinyles, CD et DVD s'est tenue le 3 septembre en présence de Vanessa Matz, ministre fédérale en charge de la Politique scientifique, et d'Elisabeth Degryse, Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de la Culture.

Créée en 1956 sous le nom de Discothèque nationale de Belgique, la Médiathèque Nouvelle a constitué au fil des décennies une collection de référence dédiée à la musique enregistrée. Le fonds transféré rassemble près de 280 000 supports — environ 30 000 vinyles et 250 000 CD et DVD musicaux — dont quelque 15 000 références publiées en Belgique, ainsi que des éditions devenues rares en Belgique et à l'étranger. Il couvre principalement la période allant de l'après-guerre au début des années 2000.

L'apport est chronologiquement complémentaire des collections sonores existantes de KBR, particulièrement fournies pour la première moitié du XXᵉ siècle (cylindres de cire, 78 tours). L'institution étend ainsi son histoire de la musique enregistrée aux décennies suivantes.

« Nous sommes particulièrement fiers d'accueillir cette collection exceptionnelle et de pouvoir en assurer la transmission dans les meilleures conditions », déclare Sara Lammens, directrice générale de KBR. « Nous en prendrons le plus grand soin afin que ces 280 000 disques puissent continuer à témoigner de notre histoire et rester accessibles, à terme, aux amateurs de musique et aux chercheurs, pour qui ils constitueront une source précieuse de plaisir, de documentation et d'étude. »

Avant sa mise à disposition du public, la collection doit encore faire l'objet d'un traitement bibliothécaire complet — vérification de l'état des supports, nettoyage, identification des doublons, sélection des documents correspondant au profil des collections de KBR — puis d'une intégration au catalogue de l'institution. Elle pourra ensuite être consultée sur place.

Namur : le Grand Manège inaugure un orgue signé Étienne Debaisieux

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Pour ses cinq ans, le Namur Concert Hall se dote d'un instrument original, imaginé pour ses répertoires ancien et baroque. Inauguration en musique le 26 septembre avec Cindy Castillo, Brice Sailly et l'ensemble Clematis.

À la croisée de l'orgue positif et de l'orgue de concert, l'instrument conçu par Étienne Debaisieux — facteur reconnu et membre émérite du Chœur de Chambre de Namur — se distingue par sa polyvalence. Ses douze registres permettent aussi bien de soutenir chanteurs et instrumentistes dans la réalisation de la basse continue que de tenir un discours soliste. Ses quatre diapasons (392, 415, 440 et 465 Hz), associés à plusieurs tempéraments, ouvrent l'accès au premier Seicento italien comme à l'école allemande dans le respect des pratiques historiques d'interprétation.

Malgré ses 2,55 mètres et ses quelque 400 kilos, l'instrument conserve la mobilité qui présidait au projet dès l'origine : ses 27 roulettes discrètement intégrées permettent de le déplacer d'une configuration à l'autre — concert, répétition, enregistrement. Le buffet, orné de tuyaux de façade sur trois côtés et de registres aux noms italiens, s'inspire librement de la tradition transalpine sans reproduire un modèle historique particulier.

Concert d'inauguration

Cindy Castillo prend possession de l'instrument avec des pages de Muffat et Frescobaldi, ainsi qu'une sonate de Biagio Marini associant violon, orgue et clavecin. Des entretiens avec le facteur, l'interprète et Jérôme Lejeune ponctuent cette première partie. Brice Sailly et l'ensemble Clematis, en résidence au Grand Manège, prennent ensuite le relais pour cinq cantates de David Pohle (1624-1695) — élève particulièrement doué de Heinrich Schütz dont il ne subsiste qu'une trentaine d'œuvres vocales religieuses, en latin et en allemand. Après une intégrale des sonates chez Ricercar, Clematis poursuit son exploration du corpus de ce compositeur confidentiel, portée par Caroline Weynants, Paulin Bündgen, Pierre Derhet et Samuel Namotte.


CAV&MA — Grand Manège (Namur Concert Hall) Samedi 26 septembre 2026 à 19h

Le chef italien Antonino Fogliani disparaît à 50 ans

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Le chef d'orchestre italien Antonino Fogliani est mort le 29 août 2026, à l'âge de 50 ans, des suites d'une longue maladie. Sa famille, par la voix d'Angelica et Lorenzo Fogliani, a annoncé sa disparition « avec une immense douleur ». Il devait diriger quelques jours plus tard deux représentations au Festival Puccini de Torre del Lago, après avoir déjà dû renoncer, le 22 août, à une Madame Butterfly reprise en urgence par Leonardo Sini.

Né à Messine le 29 juin 1976, Fogliani avait étudié la composition au Conservatoire Giovanni Battista Martini de Bologne avant d'obtenir un diplôme de direction d'orchestre avec les félicitations au Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan, dans la classe de Vittorio Parisi. Il avait complété sa formation à l'Accademia Musicale Chigiana de Sienne, sous la direction de Gianluigi Gelmetti pour la direction, et de Franco Donatoni et Ennio Morricone pour la composition.

Sa carrière internationale s'était ouverte en 2001 avec ses débuts au Rossini Opera Festival de Pesaro, dans Il viaggio a Reims. Le répertoire rossinien et le bel canto restèrent la ligne de force d'un parcours qui le mena au Teatro alla Scala, au Teatro Regio de Parme, à l'Opéra de Rome, à la Fenice de Venise et au San Carlo de Naples. En 2011, il était nommé directeur musical du festival Rossini in Wildbad, à Bad Wildbad, poste qu'il occupait toujours. Depuis 2017, il assurait par ailleurs les fonctions de chef principal invité au Deutsche Oper am Rhein de Düsseldorf, et enseignait depuis 2021 la direction d'orchestre au Conservatoire Alessandro Scarlatti de Palerme. En 2018, le président Sergio Mattarella l'avait fait Officier de l'Ordre du Mérite de la République italienne.

La saison 2026-2027 devait le voir ouvrir la programmation du Deutsche Oper de Berlin avec Tosca en septembre, puis diriger une nouvelle production de Maria Stuarda au Bayerische Staatsoper de Munich à l'automne. La maison bavaroise, qui a annoncé la nouvelle, a salué « un musicien au sens le plus direct et le plus beau du mot », proche des chanteurs et de la voix.

Jörg Widmann recevra la commande Roche Commissions 2028

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Le compositeur, clarinettiste et chef allemand Jörg Widmann est le lauréat de la 14e commande « Roche Commissions », qui donnera lieu à une création lors du Lucerne Festival 2028. L'annonce a été faite le 29 août 2026, en marge de la création de la 13e commande, Tongue of the Land de Liza Lim.

Créée ce soir à Lucerne par le Lucerne Festival Contemporary Orchestra (LFCO) sous la direction de Peter Rundel, l'œuvre de la compositrice australienne fait dialoguer l'orchestre avec un instrument insolite : la carnyx, trompe celtique utilisée en Suisse centrale il y a plus de deux mille ans et récemment reconstituée, confiée ici au trompettiste Marco Blaauw. Liza Lim évoque une « voix ancestrale », un corps résonnant entre les temps et les êtres, invitant à une écoute tournée à la fois vers l'amont et vers l'aval.

Né à Munich en 1973, Jörg Widmann s'est formé à la clarinette avant d'étudier la composition auprès de Kay Westermann, Wilfried Hiller, Hans Werner Henze, Heiner Goebbels et Wolfgang Rihm. Ses partitions sont créées et défendues par les Berliner et Wiener Philharmoniker, le New York Philharmonic, le Royal Concertgebouw ou le Cleveland Orchestra, sous la baguette de Daniel Barenboim, Kent Nagano, Christian Thielemann, Sir Simon Rattle ou Andris Nelsons. En 2026/27, la Staatskapelle Dresden lui confie une double casquette inédite dans son histoire : Capell-Compositeur et Capell-Virtuos. Il est par ailleurs premier chef invité de la NDR Radiophilharmonie, chef associé du Münchener Kammerorchester et Artistic Partner de la Sinfonietta Riga. Widmann enseigne la composition à la Barenboim-Said-Akademie de Berlin depuis 2017 et a été élu en 2024 membre de la Royal Swedish Academy of Music. Depuis janvier 2026, il assure la direction artistique de la Lucerne Festival Academy, prenant la succession de Wolfgang Rihm.

Initiée en 2003, la série « Roche Commissions » associe le laboratoire Roche, le Lucerne Festival et son Académie autour d'une commande bisannuelle, précédée d'un dialogue entre le compositeur et les scientifiques de Roche.

Arvo Pärt reçoit la Médaille Goethe à Weimar

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Ce vendredi 28 août 2026, jour anniversaire de la naissance de Johann Wolfgang von Goethe, la Médaille Goethe — la plus haute distinction culturelle de la République fédérale d'Allemagne pour une personnalité étrangère — a été remise à Weimar au compositeur estonien Arvo Pärt, à la traductrice italienne Anita Raja et au metteur en scène grec Prodromos Tsinikoris. En l'absence du compositeur, la distinction a été acceptée par son fils Michael Pärt, président du conseil d'administration de l'Arvo Pärt Centre.

Décernée par la présidente du Goethe-Institut Gesche Joost, la médaille récompense un œuvre créatrice de premier plan et une contribution au dialogue culturel ouvert. « Avec sa technique compositionnelle du tintinnabuli, Arvo Pärt est parvenu à toucher et relier des publics du monde entier. Une musique d'apparence simple dans son essence, et pourtant si profonde », a souligné Gesche Joost, qui a également rappelé qu'il s'agit du premier Estonien à recevoir cette distinction — « un signe important de la force des relations germano-estoniennes, et, dans le contexte de la guerre en Ukraine, un symbole de la solidarité entre Europe occidentale et Europe orientale ».

Le choix n'a rien d'anecdotique. L'Allemagne fut la seconde patrie du compositeur. Après avoir quitté l'Estonie soviétique en 1980 pour Vienne, la famille Pärt s'installe à Berlin dès 1981 grâce à une bourse du DAAD, et la capitale allemande demeurera son foyer trente années durant. C'est en Allemagne que naissent la plupart de ses œuvres majeures — la Berliner Messe (1990), les Sieben Magnificat-Antiphonen (1988), Passio (1982), Te Deum (1985) ou encore Miserere (1989) — et que débute sa collaboration au long cours avec le producteur Manfred Eicher et le label ECM.

Recevant la médaille au nom de son père, Michael Pärt a rendu hommage à cette « confiance » et cette « liberté » offertes par les institutions allemandes, qui ont donné à la musique de son père « l'espace nécessaire pour déployer ses ailes ».

Princess Astrid International Music Competition 2026 : Matthew Rhodes lauréat, la Polonaise Agata Zając médaille d'argent

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C'est à l'Olavshallen de Trondheim que s'est refermée, hier soir, l'édition 2026 du Princess Astrid International Music Competition, concours de direction d'orchestre organisé par le Trondheim Symphony Orchestra & Opera. La finale, retransmise en direct sur internet, a distingué trois lauréats issus de trois continents musicaux différents, la génération des trentenaires occupant deux marches du podium sur trois.

Le premier prix — 200 000 NOK (environ 18 500 €), assorti d'un mentorat avec Adam Hickox et d'un engagement de concert avec le Trondheim Symphony Orchestra & Opera — revient au Britannique Matthew Rhodes (27 ans). Formé à la Sibelius Academy d'Helsinki, au Royal College of Music de Stockholm et à la Norges musikkhøgskole d'Oslo, Rhodes a déjà signé sa saison 2025-26 avec le Norrköpings Symfoniorkester, une reprise de Die Fledermaus en Suède et une production de Turandot menée avec le Ministère italien de la Culture, à laquelle s'est ajouté un travail sur The Shining de Paul Moravec avec le Malmö Opera.

Le deuxième prix — 50 000 NOK — revient à la cheffe polonaise Agata Zając (31 ans), formée à l'Académie de musique de Poznań. Son parcours court depuis plusieurs saisons entre l'Angleterre, l'Espagne et l'Allemagne : Junior Fellow in Conducting au Royal Northern College of Music de Manchester, assistante de Ludovic Morlot à l'Orchestre symphonique de Barcelone, Conducting Fellow du NDR Elbphilharmonie Orchester de Hambourg. Elle a récemment dirigé le Hallé, la Real Filharmonía de Galicia, les Grazer Philharmoniker et l'Orchestre national de Metz, aux côtés des ensembles polonais NOSPR et Philharmonie de Szczecin. Son carnet de mentors est significatif — Paavo Järvi, Alan Gilbert, Jorma Panula, Marin Alsop, Peter Eötvös — auquel s'ajoute son passage comme Conducting Fellow au Tanglewood Music Festival en 2023, sous l'égide d'Andris Nelsons. Sa prestation en finale, particulièrement convaincante, avait installé l'attente d'une distinction majeure ; le jury a tranché pour un deuxième prix qui prolonge celui déjà obtenu au Siemens Hallé International Conductors Competition en 2023.

Le troisième prix — 25 000 NOK — est décerné à l'Américain Elias Brown (31 ans).

L'Oslo Philharmonic place la création norvégienne au cœur de sa saison 2026/27

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L'Oslo Philharmonic ouvre ce soir sa saison 2026/27 avec cinq commandes et une programmation centrée sur la scène norvégienne, prolongée à l'international par les BBC Proms.

Pour la première fois depuis plus de dix ans, l'orchestre s'attache une compositrice en résidence : Kristine Tjøgersen, lauréate du Prix Ernst von Siemens 2025, engagée pour trois saisons. Trois de ses œuvres jalonnent l'année — Wolpertinger (première norvégienne au Festival Ultima le 10 septembre, Ilan Volkov), Ambra (création mondiale le 14 janvier, Dinis Sousa) et Bioluminescence (18 et 19 février), programmée avec le Concerto pour violon de Schumann par Vilde Frang et L'Oiseau de feu de Stravinsky sous la direction de Pablo Heras-Casado.

La soirée d'ouverture est dévolue à Øyvind Torvund, dont Forest Morning pour orchestre et électronique (créée par l'ensemble en 2019) sera reprise aux BBC Proms le 29 août — Mirga Gražinytė-Tyla dirigera Patricia Kopatchinskaja dans le Concerto pour violon de Stravinsky, complété par des extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev. Torvund est également programmé au Festival Ultima avec la première norvégienne de ses Two Pieces for Orchestra and Electronics.

Cinq créations mondiales rythmeront la saison, avec notamment de nouvelles partitions de Craig Farr et Rolf Wallin en avril.

Dudamel et le New York Philharmonic en tournée européenne

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Pour inaugurer son mandat de directeur musical et artistique du New York Philharmonic (septembre 2026), Gustavo Dudamel emmène la formation en tournée européenne du 9 au 22 octobre 2026 : dix concerts à Paris, Barcelone, Madrid, Berlin, Hambourg et Vienne. Premier retour de l'orchestre en Europe depuis 2017, et en France comme en Espagne depuis une quinzaine d'années.

Deux programmes en alternance, chacun porteur d'une création européenne : Imágenes mestizas de Tania León couplée à la Cinquième de Mahler ; Invisible House de Zosha Di Castri encadrée par On the Transmigration of Souls de John Adams — reprise pour le 25ᵉ anniversaire du 11 septembre — et la Cinquième de Prokofiev, œuvre des débuts de Dudamel avec l'orchestre en 2007.

Le Concours George Enescu dévoile ses lauréats en composition

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C'est lors du gala d'ouverture du Concours international George Enescu 2026, à l'Athénée roumain de Bucarest, que les lauréats de la section Composition ont été révélés. Le Prix de musique symphonique revient à Quadruple Blue: Four Odes to the Abyssal Seas du compositeur chinois Jinhan Xiao, tandis que le Prix de musique de chambre couronne Les Ailes du Désespoir du Français Adrien Sassier. Ce dernier reçoit également le Prix spécial d'originalité pour Rêves en Fleur.

Ouverte aux compositeurs nés à partir du 1ᵉʳ août 1991, la section Composition du concours — dotée de 10 000 € pour la musique symphonique, 7 000 € pour la musique de chambre et 5 000 € pour le Prix d'originalité — se déroule sans épreuves publiques : le jury s'est réuni à Bucarest les 22 et 23 août pour évaluer les partitions soumises avant l'annonce en gala. Les œuvres primées ont vocation à être programmées lors des éditions 2027 et 2028 du Festival et du Concours Enescu, ainsi que dans les saisons roumaines à venir.

Fabio Luisi prolongé jusqu'en 2032 à la tête de l'Orchestre symphonique national du Danemark

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L'Orchestre symphonique national du Danemark annonce la prolongation du contrat de son chef principal Fabio Luisi. Initialement fixé jusqu'en 2029, l'engagement du maestro italien est étendu de trois saisons supplémentaires, jusqu'en 2032. Nommé à Copenhague en 2017, Luisi (né en 1959) aura ainsi occupé la fonction durant quinze saisons à l'échéance du contrat. La formation danoise partage désormais son chef avec le Dallas Symphony Orchestra, dont il est directeur musical, et le NHK Symphony Orchestra de Tokyo, dont il est chef principal.