Mathieu Romano sur les 20 ans de l’Ensemble Aedes : l’art choral au souffle nouveau
Depuis vingt ans, l’Ensemble Aedes s’impose comme l’un des acteurs du renouveau choral en France. Son chef et fondateur Mathieu Romano revient sur la naissance de l’ensemble, ses choix artistiques et les clés d’une aventure musicale singulière.
Les origines de l’aventure et les premiers défis
L’Ensemble Aedes célèbre cette année ses vingt ans d’existence. Avant cet anniversaire, revenons aux origines. Quel a été votre parcours avant la création d’Aedes ?
J’ai commencé très jeune par la flûte traversière, qui a été mon premier métier. J’ai aussi étudié le piano pendant mon enfance à l’École de musique d’Auxerre. Vers 15-16 ans, j’ai découvert la direction de chœur grâce à une classe de mon conservatoire. Bien que je ne sois pas issu d’une famille de musiciens, mes parents m’ont toujours encouragé. Je suis ensuite entré au CNSM de Paris en flûte, où j’ai suivi les cours d’István-Zsolt Nagy et participé à plusieurs masterclasses. J’ai joué notamment avec l’Orchestre de Paris et l’Orchestre de Massy, avant de me consacrer à la direction de chœur. À la fin de mes études, j’ai intégré la classe de direction d’orchestre.
Comment est née l’idée de fonder Aedes ?
Très naturellement : j’avais une formation de chef de chœur, mais pas d’ensemble à diriger. L’année où j’ai réussi le concours d’entrée au CNSM, j’ai décidé de créer Aedes avec des amis. J’écoutais beaucoup de chœurs en France et en Europe, mais aucun ne correspondait vraiment à ce que je recherchais. Je me suis dit : « Puisque rien ne me satisfait complètement, autant créer le mien ! » Nous avons réuni quelques amis et commencé à travailler ensemble.
Quels ont été les principaux défis des débuts ?
Nous avons eu la chance de créer Aedes à une douzaine, tous très jeunes. Je n’avais pas encore 21 ans et les autres avaient entre 16 et 25 ans. Nous étions tous étudiants et n’avions pas encore besoin de vivre de la musique. Cela nous a permis de privilégier la qualité musicale plutôt que les contraintes économiques. C’était avant tout une aventure entre amis, avec l’envie de faire de la musique au plus haut niveau. Dès le départ, l’un des chanteurs m’a épaulé sur les aspects techniques, administratifs et organisationnels. Nous avons longtemps fonctionné en binôme, bénévolement. Les difficultés sont venues plus tard, avec la professionnalisation et la recherche de financements. Mais cette aventure fondée sur l’amitié a posé des bases solides, ce qui explique sans doute pourquoi les débuts n’ont pas été si difficiles.



