Wolfgang ou Amadeus ?

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Conversation de comptoir :

  • T’as vu ? Il paraît que le petit prodige de la musique, c’est un vieux ronchon qui l’a assassiné.
  • Non ! Comment t’as su ?
  • C’est un type qui a écrit une pièce là-dessus, et puis on avait fait un film aussi. Et on rejoue la pièce maintenant.
  • Pour confirmer qu’il a vraiment été assassiné ?
  • ‘sais pas.
  • Mais attends, cette histoire, elle date pas d’hier. Il leur a fallu si longtemps pour découvrir la vérité ?
  • Tu parles, au moins deux siècles.
  • Alors, y’a prespcrik, preskr… j’y arrive jamais à l’dire.
  • Pres-crip-tion.
  • C’est ça.

Conversation de salon :

  • Vous avez vu la nouvelle production d’Amadeus à Marigny ?
  • Oui, mon cher. Et je suis tombé de haut.
  • Que vous est-il arrivé ?
  • Ce langage, cette vulgarité, comment imaginer que ce petit trésor de Mozart ait pu s’exprimer ainsi ? 
  • Il semble pourtant que ce soit fondé.
  • Vous voulez rire, mon cher. Pardon, pas comme ce petit garnement bien sûr. Vous conviendrez que la musique d’un compositeur est évidemment le reflet de sa personnalité, de son éducation, de sa culture. Ce n’est pas un petit voyou comme on nous le présente qui aurait pu écrire l’Andante du concerto pour piano en Ut majeur, K 467, ou le sublime air de la Comtesse dans les Nozzzzi di Figarro. Non, je ne vous suis pas sur ce terrain.

Retour au comptoir :

  • Ceci dit, le p’tit prodige, il avait pas sa langue dans sa poche.
  • Ah bon ?
  • On dit qu’en matière scato, il était très fort.
  • Scato ? tu veux dire staccato ?
  • Non, scato, comme les gosses.
  • T’en as vu un bout au JT ?
  • Ouais, c’est pas triste, Il parle pas comme ceux de la haute, j’peux t’dire. Ça fait bizarre avec toutes ces perruques et plein de musique pas très Johnny comme style.

A Lausanne, d'émouvantes Carmélites

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Pour la première fois dans son histoire, l’Opéra de Lausanne présente Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc. Et son directeur, Claude Cortese, reprend la production qu’Olivier Py avait conçue pour le Théâtre des Champs-Elysées en novembre 2013, avant de la présenter à la Monnaie de Bruxelles en décembre 2017. Prenant en considération la pièce de Georges Bernanos jouée en traduction allemande à Zürich en 1951 puis au Théâtre Hébertot l’année suivante, le régisseur prend à son compte le concept que Dieu est mort sur la croix et que le matérialisme règne en nous interdisant une foi qui ferait de Lui une consolation ou une règle morale. S’Il manque dans le siècle, du moins ce manque témoigne pour Lui en devenant la seule preuve de l’existence d’un dieu d’amour.

C’est pourquoi Olivier Py détache sa production du fait historique du 17 juillet 1794 où les seize religieuses du Carmel de Compiègne ont été décapitées sur l’actuelle Place de la Nation à Paris. Il la transpose dans ce XXe siècle marqué par les horreurs d’Auschwitz et d’Hiroshima. Comme il le notait dans le programme de salle du Théâtre des Champs-Elysées, il n’y a « nul besoin de guillotine pour sentir sur leur nuque et au fond de leur âme le couperet du monde matérialiste et agnostique, l’hiver et la nuit épouvantable d’un monde qui ne croit plus et ne connaît de lui-même que le dégoût et l’effroi ».

Sous des éclairages de Bertrand Killy, aussi oppressants que la trame, les décors de Pierre-André Weitz se limitent à quelques parois coulissantes s’entrouvrant pour former une croix en laissant apparaître une clairière d’arbres décharnés par le gel et quelques éléments religieux en bois blanc que transportent les sœurs. Ses costumes sont d’une extrême sobriété, tant pour les Carmélites que pour le Marquis de la Force et son fils vêtus en bourgeois XIXe ou pour les gens du peuple hébétés au pied de l’échafaud.

La trompette de Hardenberger et le piano de Pöntinen pour un voyage automnal 

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Autumn Aubade. ahbez, eden (1908-1995) : Nature Boy. Mark-Anthony Turnage (°1960) : Autumn Aubade, pour bugle et piano. HK (Heinz Karl) Gruber (°1943) : Bossa nova, extrait des ‘3 MOB Pieces’ op. 21e. Roland Pöntinen (°1963) : Bluebird Dream. ; Prélude d’automne, pour piano.  George Enescu (1881-1955) : Légende. Frédéric Chopin : Prélude pour piano op. 28 n° 2. Staffan Storm (°1964) : Three Autumns. Ornette Coleman (1930-2015) : Chanting. Jimmy Van Heusen (1913-1990) : The September of my Years. Håkan Hardenberger, trompette et bugle ; Roland Pöntinen, piano. 2024. Notice en anglais, en allemand et en français. 68’ 44’’. SACD BIS-2723.

Affaire de piraterie sur le Vieux-Port avec Mehdi Lougraïda et l’Orchestre philharmonique de Marseille

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L’orchestre Philharmonique de Marseille et le jeune chef Mehdi Lougraïda proposaient cette semaine une série de concerts à destination des familles, avec un programme symphonique rassemblé autour du thème de la mer et présenté comme un conte pour enfants : L’histoire du petit pirate.

Format idéal pour séduire grands et petits, les partitions du grand répertoire alternaient avec les aventures d’une jeune pirate du Vieux-Port et de son perroquet, imaginées par Rose, 9 ans (assistée de son oncle... le chef d’orchestre !) et narrées tour à tour avec mystère et ferveur par la comédienne Olga Szanduła qui leur prêtait sa voix et son costume.

Le concert débutait avec le premier mouvement de la Shéhérazade (1888) de Rimsky-Korsakov : La mer et le vaisseau de Simbad. L’orchestre en livra une interprétation ample et posée, dont le tempo presque contemplatif, surprenant au premier abord, ouvrit une fenêtre très française sur le chef-d’œuvre du compositeur russe. Le fameux solo du violon, ici interprété par le super-soliste Da-Min Kim, se déploya tranquillement avant de laisser la place à des pupitres orchestraux traités de manière presque chambriste, mettant davantage l’accent sur la mer (le paysage) que sur le vaisseau (le personnage), dans une approche en fin de compte très impressionniste de cette page orientale du romantisme slave.

Après une telle mise en bouche venait naturellement le plat de résistance : le poème symphonique La Mer (1905) du français Claude Debussy, considéré non seulement comme le sommet du catalogue orchestral de son auteur mais aussi comme l’une des partitions majeures de l’impressionnisme. Ici le personnage disparaît complètement du tableau au profit de la nature, pour donner à entendre les miroitements des vagues (De l’aube à midi sur la mer) ou le jeu des éléments (Dialogue du vent et de la mer). On saluera la clarté et la transparence du geste de Lougraïda ainsi que la grande précision rythmique de l’ancien assistant de Matthias Pintscher à l’Ensemble intercontemporain, qui offrait confort et liberté aux très beaux pupitres de bois de l’Orchestre philharmonique de Marseille.

Virage à tribord vers le romantisme allemand avec l’ouverture du Vaisseau fantôme (1843) de Richard Wagner ! Ici Lougraïda sait trouver une belle pâte sonore aux cordes, épaisse et transparente ; sans rien pousser ni forcer, il laisse s’épanouir la masse symphonique avec un geste d’une grande simplicité. Cette sobriété sans pathos ne l’empêche cependant pas d’appuyer aux points névralgiques de la partition pour en souligner la structure. Les musiciens de l’orchestre lui rendirent bien cette élégance, avec notamment de remarquables interventions, jamais pompières, des cuivres, si essentiels à Wagner et particulièrement mis en valeur dans cette ouverture.

Le Mozart personnel et sublimé de Federico Colli  

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) :  Adagio en si mineur K 540 ; 12 variations sur « Ah ! vous dirais-je maman » K 265 ; 10 variations en sol majeur sur « Les hommes pieusement » (unser dummer Pöbel meint » K 455 ; Sonate pour piano n° 11 en la majeur K 331. Federico Colli, piano. 2024 - Livret en anglais.   65’56''.  Chandos CHAN 20350.

Fabien Gabel, perspectives viennoises et transcontinentales 

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Le chef d’orchestre Fabien Gabel est l’une des baguettes qui compte. Régulièrement invité des grands orchestres, dont les plus prestigieuses phalanges des USA, il vient de faire ses débuts au MET. En septembre dernier, il a également pris ses fonctions à la Direction musicale du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, un orchestre autrichien au passé historique d’une rare densité. Fabien Gabel revient sur les développements récents de sa carrière et sur sa collaboration avec son orchestre autrichien.    

Vous venez de diriger le Mahler Chamber Orchestra pour une tournée de concerts en Espagne avec la célèbre pianiste Yuja Wang en soliste. Comment s’est passée cette tournée ? 

La tournée s'est bien déroulée nous avons joué dans des salles merveilleuses, comme San Sebastian et Barcelone. Certaines de ces salles sont magnifiques, comme le Palau de la música catalana à Barcelone ou l’Auditorio de Jameos del Agua de Lanzarote, qui est creusé dans la roche volcanique. J’étais très heureux de collaborer avec la fabuleuse Yuja Wang, qui est une pianiste extraordinaire dont la virtuosité est impressionnante et avec le Mahler Chamber Orchestra, phalange d’une virtuosité et d’une énergie exceptionnelles.     

Vous venez, en septembre 2025, de prendre fonction comme Directeur musical du   Tonkünstler-Orchester Niederösterreich, un orchestre autrichien, plus que centenaire, est chargé d'histoire (Sous la direction de Franz Schreker, l'Orchestre Tonkünstler de Vienne créa les  Gurre-Lieder d'Arnold Schoenberg en 1913. De 1919 à 1923, Wilhelm Furtwängler fut le chef d'orchestre principal. Bruno Walter, Otto Klemperer, Felix Weingartner, Hermann Abendroth et Hans Knappertsbusch dirigèrent l'Orchestre Tonkünstler les années suivantes). Comment avez-vous rencontré cet orchestre et comment en êtes-vous devenu le Directeur musical ?    

J'ai été invité à diriger l'orchestre, pour la première fois en 2019, avec un programme incluant entre autres la Sinfonietta de Korngold et la “Scène d’amour” de Feuersnot de  Richard Strauss. Une excellente entente a rapidement émergé. Ensuite, j’ai été réinvité à plusieurs reprises. Revenir au pupitre du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich m’apportait beaucoup de satisfaction et  j'aimais beaucoup travailler avec cet orchestre. J'ai senti que certains musiciens semblaient désireux de travailler à plus long terme avec moi. Et puis, j'ai été sollicité pour devenir le Directeur musical à la suite à l’annonce du départ de Yutaka Sado, mon prédécesseur. 

Quelles sont vos ambitions et quels sont vos projets dans le cadre de votre mandat à la direction musicale du Tonkünstler-Orchester Niederösterreich ? 

Je souhaite développer plusieurs axes : tout d’abord, programmer le répertoire français, qui a été peu joué par l'orchestre auparavant. Je souhaite également mettre en avant des compositeurs viennois moins joués, comme Zemlinsky, Schreker ou Marx. Ce répertoire intéresse l'orchestre qui le maîtrise très bien et il nous faut nous distinguer des autres orchestres locaux qui programment majoritairement le grand répertoire classique (Strauss, Mahler, Bruckner, Brahms, Beethoven). En décembre dernier, nous avons joué la Symphonische Nachtmusik de Joseph Marx, figure majeure de la vie musicale viennoise dans les années 1910-30, mais ce compositeur est tombé dans l’oubli. Les concerts à Vienne ont fait salle comble et cette redécouverte a été saluée par la critique et le public. 

La Folle Journée de Nantes 2026 : quand les fleuves de la musique deviennent chants de l’âme

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La 32e édition de la Folle Journée de Nantes s’est refermée ce dimanche 1er février après cinq jours de festivité. Cette édition, mise en place par les équipes de CREA, a rencontré un franc succès, tant par son ambition artistique que par l’adhésion du public.

Un festival en chiffres et en voyages

Les chiffres publiés le dernier jour du festival confirment cette réussite : 132 000 billets délivrés sur les 140 000 mis en vente, soit un taux de remplissage de 94 %. Pas moins de 2 380 artistes se sont produits dans plus de 300 concerts, tous conçus autour d’un thème fédérateur : le fleuve. Du Danube à la Tamise, du Nil à l’Hudson, du Styx à la Volga, ces cours d’eau réels ou mythologiques ont inspiré des programmes d’une grande diversité. Pittoresques, intérieurs, patriotiques, initiatiques, parfois même touristiques, ces parcours musicaux ont offert aux festivaliers autant de voyages imaginaires, tissés de notes et de rythmes, propices à la rêverie.

Aline Piboule, une narration pianistique

Parmi les concerts du dernier jour, un récital de piano s’est distingué par sa force narrative et son pouvoir évocateur. Aline Piboule y présentait un nouveau programme centré sur la dernière œuvre de Robert Schumann, Geistervariationen WoO 24. Intitulé « Les chants de l’âme », ce récital s’articulait autour d’un second fil conducteur, le Rhin, fleuve dans lequel Schumann se jette à la fin de sa vie. Les deux dernières variations des Geistervariationen sont en effet écrites avant et après cet événement tragique, suivi de son internement dans un asile psychiatrique à Bonn.

Nouvelle production de La Clémence de Titus à l'Opéra de Nice, sous les feux de la politique

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Après Rusalka et Juliette ou la clef des songes, l'Opéra de Nice présente une nouvelle production du duo Le Lab formé par Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, ancrée dans la réalité et l'imaginaire locaux, à travers l'usage du reportage vidéo. Pour La Clémence de Titus, la politique s'invite dès le prologue aux allures de promotion des confessions de Vitellia, une repentie de la lutte pour le pouvoir auteure de Comment ne pas être première dame, dans une entretien avec une animatrice incarnée par l'interprète d'Annio. Si elle est extra-musicale, cette introduction présente le mérite d'éclairer tout le spectacle sous le regard d'une femme ambitieuse dont la partition de Mozart fait, plus encore que le rôle-titre, le véritable personnage central, sans avoir à interférer avec la continuité dramatique de l'opéra. 

Rythmé par une dialectique entre la poursuite filmée – réalisée par Pascal Boudet et montée par Timothée Buisson –  de Vitellia, plongée dans ses doutes et ses stratagèmes, en voiture officielle sur la promenade des Anglais, dans sa chambre au Negresco ou dans les salles d'office et d'apparat de la Villa Massena, et l'épure contemporain sur le plateau, réduite à quelques mobilier de meeting et panneaux de plexiglas, sous les lumières de Christophe Pitoiset, le spectacle multiplie les clins d'oeil savoureux à l'univers et aux icônes politiques des dernières décennies. Face à une Vitellia en tailleur Chanel à la Jackie Kennedy, Servilia, un temps proclamée épouse impériale, emmaillotée dans la bannière de la République, rappelle la Marianne de Brigitte Bardot. Dans un décor où domine la couleur bleue avec laquelle sont symbolisés les partis de droite, le slogan La Clémence Ensemble ressuscite la campagne de Nicolas Sarkozy, qui, à l'heure de ses condamnations judiciaires, conserve un sérieux capital de sympathie dans une région où le drapeau français est souvent celui de la préférence nationale. 

Les Talens lyriques bouclent la boucle avec Cadmus et Hermione de Lully à la Philharmonie de Paris

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En 2001, les Talens lyriques et leur chef Christophe Rousset enregistraient Persée, de Lully. 24 ans et 13 tragédies-lyriques plus tard, ils concluent en beauté leur intégrale Lully, avec Cadmus et Hermione à la Philharmonie de Paris.

Entre les tragédies-ballets de Jean-Baptiste Lully et les Talens lyriques, du claveciniste et chef d'orchestre Christophe Rousset, un lien fort s'est noué, fait d'amitié, de compréhension mutuelle et de fidélité. Initié en 2001 avec Persée, il se conclut cette année avec Cadmus et Hermione. 24 ans pour donner en concert et enregistrer au disque les 13 tragédies-ballets du compositeur officiel du Roi-Soleil, qui magnifient le style à la française et, qui sait, initient la French touch. Finalement, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, ex-Daft Punk, ne sont-ils pas eux aussi originaires de Versailles ?

Si Cadmus et Hermione est la première tragédie lyrique de Lully, c'est la seule à laquelle les Talens Lyriques ne s'étaient pas encore consacrés. C'est à présent chose faite, avec la représentation qui en a été donnée, le 25 janvier dernier dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris. 

Le moins que l'on puisse dire est que cette équipe artistique connaît son Lully sur le bout de ses doigts. Le plateau vocal est équilibré et talentueux, mené par un Cadmus conquérant et séduisant (Jérôme Boutillier) et une Hermione (Éléonore Pancrazi) charmante d'aisance et d'agilité vocale. Les musiciens offrent une partition fluide et maîtrisée et le chœur est parfaitement affûté. Quant à la partition, elle est riche en contrastes, de la grandiloquence altière toute à la gloire de Louis XIV à des scènes émouvantes d’intimité, en passant par de charmantes danses aux jolis effets percussifs ou encore par des traits d’humour efficaces et des situations bien campées.

Amours transies dans l’art vocal de la Renaissance : un sombre jardin visité par Astrophil & Stella

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A Garden of Black Flowers. Cipriano de Rore (1516-1565) : Non è ch’il duol mi scemi ; Io canterei d’amor si novamente ; Anchor che col partire. Pierre Vermont (c1495-c1558) : On dit qu’Amour. Luca Marenzio (1553-1599) : Dicemi la mia stella ; Le rose fronde e fiori ; Ahime, che col fuggire. Giovanni Pierluigi da Palestrina (c1525-1594) : Pulchra es, amica mea ; Io son ferito. Vincenzo Ruffo (c1508-1587) : La Gamba in Basso e Soprano. Luzzasco Luzzaschi (c1545-1607) : Aura soave. Claudin de Sermisy (c1490-1562) : Au joli Bois. Adrian Willaert (c1490-1562) : O dolce vita mia. Manuscrit Carlo G. : Sub umbra illius. Astrophil & Stella. Johanna Bartz, flûtes traverso. Giovanna Baviera, basse de viole, voix. Anna Danilevskaia, ténor de viole. Claire Piganiol, harpe triple. Février 2024. Livret en anglais, allemand. 48’44’’. Albus ALB011