Guy Sacre au disque et en partition

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Guy Sacre (1948) : Treize Impromptus pour piano, Durand, ISMN 979 0 04409 648 0

Guy Sacre (1948) : Dernières Chansons enfantines, Sonatine d'hiver, Sonatine de printemps, Sonatine d'été, Sonatine d'automne, Treize Impromptus. Billy Eidi, piano. 2022. Livret en français et anglais. 71'17". Le Palais des dégustateurs. PDD028

A l’OSR, le retour de Neeme Järvi pour Ein Deutsches Requiem d’une intense ferveur

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Au cours de la Semaine Sainte précédant Pâques, l’Orchestre de la Suisse Romande, revenant de sa tournée européenne, a la judicieuse idée de présenter, pour deux concerts à Genève, le chef-d’œuvre choral de Brahms, Ein Deutsches Requiem op.45, composé entre 1865 et 1868. S’écartant de la structure d’un Requiem selon la tradition liturgique catholique, l’œuvre tient de la cantate protestante sur des paroles en langue allemande que le compositeur avait empruntées à la Bible.

Pour la diriger, l’OSR fait appel à Neeme Järvi, chef estonien défiant ses quatre-vingt-huit ans, qui a été son directeur musical entre 2012 et 2015. Comme l’ouvrage est essentiellement choral, il a sollicité le concours de la Zürcher Sing-Akademie, ensemble fondé en 2011 qui s’est rapidement hissé au niveau des premiers chœurs professionnels européens et qui est actuellement placé sous la direction de Florian Helgath.

Premier volume d’un panorama de l’œuvre sacrée de J. D. Pucklitz

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Johann Daniel Pucklitz (1705-1774) : Messe en ré. Messe en ut. Der Herr ist in seinem heiligen Tempel. Du hast den guten Wein bisher behalten. Dein Schade ist verzweifelt böse. Erwecke dich, Herr. Herr! Hast du nicht guten Samen. Gudrun Sidonie Otto, soprano. Elvira Bill, contralto. Georg Poplutz, ténor. Thilo Dahlmann, basse. Goldberg Baroque & Vocal Ensemble, direction Andrzej Mikołaj Szadejko. Septembre 2024. Livret en anglais, allemand ; texte des chants en allemand et traduction en anglais. 68’24’’. SACD multicanal. MDG 902 2373-6.

Une curiosité : l’Enlèvement du Sérail en langue française

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) : L’Enlèvement du Sérail  version traduite en français de 1798. Florie Valiquette, Gwendoline Blondeel, sopranos. Mathias Vidal, Enguerrand de Hys, ténors. Nicolas Brooymans, basse. Michel de Fau, rôle parlé et mise en scène.  Orchestre et Chœur de l’Opéra Royal. Gaétan Jarry, direction. 2024. Notice en français et anglais. 3 CD. 133’34. Château de Versailles.

Janssens, Rilke, Fromont, une association détonante

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Après une dernière séance, aux auditoires Sainte-Barbe, d’un cours consacré à l’individualisme (« qui se sent morveux, qu'il se mouche », dit La Flèche à Harpagon) à l’époque contemporaine – ça avait bien commencé, structuré, circonstancié et éclairant mais les dernières heures, absconses, lacaniennes et crispantes, ont littéralement annihilé ma capacité d’attention, asphyxiant du même coup mes velléités de réconciliation avec la philosophie –, je prends le temps de Louvain-la-Neuve à Eghezée (rentrer chez moi eût été une hérésie kilométrique), aidé par un GPS qui s’amuse à me faire voir la bonne rue dans le mauvais village. Je ne vois de la commune rurale de Hesbaye que la nationale et ses commerces, non loin de l’Ecrin, dont l’animateur-directeur Benoît Raoult tente ce soir, c’est trop peu courant dans l’agenda d’un centre culturel, une incursion programmatique dans la musique écrite.

La salle, modulable, réarrangée en un club où l’on peut étendre ses jambes, fait de demi-cercles de chaises entourant une petite table où déposer son verre, accueille un public probablement peu habitué à l’expérience musicale que sert la nouvelle œuvre de Claude Evence Janssens, oratorio contemporain de neuf cantates sur des textes de Rainer Maria Rilke (« le poète des poètes ») et des photographies d’André Fromont, extraites de son immense photothèque, pliées sur un axe médian à la manière des taches d’encre du Rorschach, puis retravaillées et adaptées au format rectangulaire de l’écran sur l’arrière-scène – s’y projettent les mots (traduits) du poète austro-hongrois et autrichien, qu’il écrit en français comme en allemand. Sur le plateau, les musiciens de Sturm und Klang et le chef Thomas Van Haeperen, la soprano Clara Inglese et le baryton Kris Belligh, tous deux côté cour.

Retrouver les débuts de Leïla Ka

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Après avoir découvert la chorégraphe et danseuse Leïla Ka avec sa pièce Maldonne, spectacle au succès incontesté, nous remontons ce soir à ses débuts avec le solo Pode Ser et le duo C’est toi qu’on adore, ses deux premières pièces. 

Commencerons par parler de Pode Ser créé en premier en 2018 qui est la deuxième pièce dans le déroulé de la soirée à la Maison des Métallos. 

Dans ce solo de 17 minutes, tout est déjà parfaitement réflechi : la lumière se dessine en cercle comme un ring où apparait une femme en robe de tulle rose, parfait stéréotype de la jeune fille sage. Très vite elle se dévoile en guerrière, ses coudes sont joints, ses poings serrés, dans une posture cherchant le combat. Sur la musique, elle joue avec sa robe légère tout en s’accrochant à ses bretelles, lançant des coups avec ses coudes anguleux, faisant trembler tout son corps. 

Puis d’un coup la musique devient bruitage : armes à feu, claque ? on ne sait pas vraiment. Un abat jour tombe brusquement du ciel et le pantalon noir sous sa robe et ses baskets se révèlent à nos yeux. Cette deuxième partie surprend autant que la première. Dès qu’un mouvement plus rond, plus doux, plus lent est esquissé, il s'arrête net. Le bruit d’une arme répond aux mouvements secs et précis  de son bassin.

Le grésillement dans nos oreilles s'arrête, le silence s'installe dans la salle, le public est ému, avant d’acclamer la danseuse.