« Four Odes to the Tidings of Flowers », l'oeuvre imposée de la finale : quand la musique nous parle des réflexions provoquées par les fleurs sur l’éveil des saisons

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L’œuvre imposée en finale du Concours Reine Elisabeth 2026 est écrite par Fang Man. Formée successivement au conservatoire central de musique de Pékin et à l’IRCAM à Paris avant d’obtenir son doctorat à l’Université Cornell, la compositrice est aujourd’hui professeure de composition à l’Université de Caroline du Sud.

Sa démarche entend créer des correspondances entre les traditions littéraires et philosophiques chinoises et l’esthétique occidentale.

« Four Odes to the Tidings of Flowers » trouve sa source dans le concept du « hua  xin » qui décrit les « messages » portés par les fleurs au cours du cycle des saisons. Mais sans s’en tenir pour autant à un cycle chronologique : les interprètes sont donc libres de jouer les quatre mouvements selon l’ordre qu’ils souhaitent. La partition nous parle de quatre fleurs, l’orchidée, le bambou, le chrysanthème et le prunier qui se réfèrent au printemps, l’été, l’automne et l’hiver. Chaque violoncelliste, qui tient le rôle traditionnel du chanteur dans une ode poétique, est donc libre d’exprimer sa propre version des choses. Deux compositeurs, chers au cœur de Fang Man, appartiennent à la matrice de l’œuvre : Bach pour son énergie rythmique et sa clarté contrapuntique et Messiaen pour le matériau tiré de ses « Modes à transpositions limitées » et c’est ainsi que l’imaginaire poétique oriental rencontre l’architecture musicale de l’Occident.

L’œuvre commence par une longue cadence qui ouvre la porte aux quatre Odes. La première s’ouvre sur les tribulations d’un long mélisme reposant sur les cadences répétitives du violoncelle qui finit par s’imposer à l’orchestre. C’est ensuite pour se ruer dans une relation concertante militante avec lui, les figures rythmiques se répondant entre les deux parties avec une force parfois proche de l’obstination. La troisième Ode tisse un climat mystérieux où la mélodie semble vivre en suspension tandis que la quatrième voit réapparaître, dans une sorte d’effet de synthèse aux détours de glissandi interrogatifs, la force rythmique qui explose dans de puissants tutti de l’orchestre.

Thibaudet et Grandy célèbrent Saint-Saëns et Mahler

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L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo réunissait le chef Elias Grandy et le pianiste Jean-Yves Thibaudet dans un programme consacré à Camille Saint-Saëns et Gustav Mahler.

La soirée s'ouvrait avec le Concerto pour piano n° 5 « L'Égyptien » de Saint-Saëns, l'une des œuvres fétiches de Jean-Yves Thibaudet. C'est Charles Dutoit qui, dès 1986, à s'intéresser à cette oeuvre, avant de l'enregistrer avec l'Orchestre de la Suisse romande pour le label Decca, dans une version devenue une référence absolue.

Grand voyageur, Saint-Saëns commença à composer ce concerto à Louxor avant de l'achever au Caire. Son sous-titre s'explique par les motifs orientalisants inspirés d'un chant d'amour nubien entendu lors d'une traversée sur le Nil.

Jean-Yves Thibaudet se montre dans une forme particulièrement brillante. Il se délecte du brio et de la complexité pianistique de Saint-Saëns et défend avec une éloquence toute française ce concerto enchanteur, où le soliste est mis en valeur dès l'Allegro animato initial, foisonnant de traits virtuoses. Son jeu apporte clarté, élégance et audace à cette partition chatoyante.

L'Andante constitue le moment le plus mystérieux de l'œuvre, avec son atmosphère orientale faite de syncopes et de degrés altérés. Le piano y produit des effets sonores étonnants, allant jusqu'à imiter le coassement des grenouilles. Ce dépaysement sonore s'achève dans un frémissement des cordes qui semble se dissoudre dans l'air.

Dans le Molto allegro final, Thibaudet fait étinceler l'écriture virtuose avec un toucher d'une brillance exceptionnelle. Ce mouvement effervescent, proche d'un perpétuel tourbillon, s'achève dans un feu d'artifice d'octaves crépitantes.

Thibaudet, Grandy et l'OPMC traversent avec une aisance souveraine les paysages sonores de ce chef-d'œuvre complexe. Une prestation magistrale.

Après une ovation debout, Thibaudet offre en bis un Intermezzo de Johannes Brahms, sobre et profondément émouvant, suivi du Polichinelle de Heitor Villa-Lobos, joué à une vitesse étourdissante.

Lionel  Martin : un panache fou servi par une maîtrise dévorante

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Bachelor de l’Université des Arts de Zurich et Master de la Kromberg Academy où il travaille avec Franz Helmerson, Lionel Martin (Allemagne, 23 ans) a remporté un triomphe public lors de son récital de demi-finale avec son « Capriccio pour Siegfried Palm » de Penderecki.

On le retrouve avec un choix plus conventionnel en finale avec le célébrissime concerto n°2 en si mineur op.104 d’Antonin Dvorak, sans doute l’œuvre phare dans le genre du concerto pour violoncelle. Très présente lors des finales des deux premières sessions pour violoncelle, elle est supplantée cette année par des pages de Chostakovitch et Prokofiev. Lionel Martin sera donc le seul finaliste à nous l’offrir cette année.

Mais avant cela, on l’attendait dans « Four Odes  to the Tidings of Flowers » de Fang Man, l’œuvre imposée des finales. Plus calme et plus liant que Zaitseva, il laisse la cadence d’entrée se dérouler dans un calme apaisé jusque dans ses circonvolutions finales. Cela contraste bien avec la vigueur énergique avec laquelle il aborde le premier épisode où il tient vaillamment tête aux sollicitations de l’orchestre et avec l’épaisseur parfois proche de la torpeur des bambous de l’été. Les longs glissandos des chrysanthèmes de l’automne deviennent obsédants là où les éclats corrosifs de l’hiver réintroduisent une juste confrontation avec l’orchestre.

Une démonstration éclatante vigoureusement saluée par le public, ce qui est rare dans un imposé.

On retrouvait ensuite le concurrent allemand dans l’incontournable 2e concerto de Dvorak. Dès l’attaque de l’allegro initial, il impose un allant et une franchise qui vont droit au but non sans réserver de beaux passages rêveurs où l’œuvre peut déployer son ivresse pastorale.

L’adagio ma non troppo baigne dans une belle tendresse et libère un chant chaleureux. Il empoigne comme il se doit l’allegro moderato final avec un entrain irrésistible, ne se laissant un instant d’abandon que dans le superbe duo avec le violon à la fin du mouvement. Voilà à coup sur une prestation qui conjuguent idéalement naturel et panache.  

Concours Reine Elisabeth, le beau métier de Maria Zaitseva ne sauve pas l’imposé mais magnifie Dutilleux

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Elève de la fameuse Ecole Gnessin pour jeunes talents et du conservatoire Tchaïkovski de Moscou, Maria Zaitseva (24 ans) nous arrive forte d’une solide réputation acquise par son 2e Prix du Concours Tchaïkovski 2023 et sa victoire au Concours ARD de Munich en 2024. Elle s’est imposée jusqu’ici par sa technique sans faille, apte à épouser toutes les finesses d’une partition en même temps que par sa capacité à creuser le discours dans les œuvres jouées.

Il est étonnant que ces qualités aient du s’exprimer selon des schémas identiques dans les deux œuvres proposées par la candidate. L’imposé de « Four Odes  to the Timings of Flower », l’imposé de Fang Man nous fait vivre l’éclosion d’un dialogue entre le violoncelle et l’orchestre autour d’un phénomène naturel, l’éclosion de quatre fleurs lors de quatre saisons. Henri Dutilleux, lui, tire son inspiration pour des dialogues du même type à partir cette fois de poèmes des « Fleurs du mal » de Baudelaire.

Et la différence est fulgurante. La compositrice américano-chinoise nous livre une série de schémas rythmiques et de longs glissandos dont la répétition maniaque mène à un chaos instrumental où l’admirable technicienne qu’est Maria Zaitseva ne parvient pas à construire un discours cohérent. On remarque quelques moments intéressant dans le côté méditatif de la cadence de départ ou la complainte mystérieuse de l’adagio mais ceux-ci ne suffisent à donner une cohérence à une partition plutôt disparate.

Tout autre est l’approche de « Tout un monde lointain », la partition Tout autre est l’approche de « Tout un monde lointain », la partition pour violoncelle et orchestre écrite par Henri Dutilleux à la demande du grand Mstislav Rostropovitch.    L’œuvre permet au soliste d’afficher une forte gamme de sensations variées où excellait son dédicataire. Elle n’a cessé de séduire les violoncellistes tout au long du 21e siècle comme l’atteste la richesse de sa discographie et il faut bien admettre que la finaliste s’inscrit pleinement dans ce mouvement d’une grande richesse magnifiée par une belle générosité. Les timbres finement calibrés sont d’une grande beauté dans leur diversité rayonnante : de la sérénité réfléchie aux sursauts diaboliques. Et l’œuvre se déroule alors comme un véritable poème symphonique où le violoncelle joue son rôle de révélateur. Voilà une prestation qui explique les hautes qualités de Maria Zaitseva que le caractère factice de l’imposé ne lui avait permis de mettre en valeur.

La Montagne noire d’Augusta Holmès à Bordeaux : résurrection d’une œuvre ambitieuse

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L’Opéra de Bordeaux, avec l’initiative du Palazzetto Bru Zane, a eu l’audace de ressusciter La Montagne noire, opéra en quatre actes d’Augusta Holmès, 131 ans après sa création au Palais Garnier en 1895.

« Chef-d’œuvre oublié »

Présentée aujourd’hui comme un « chef-d’œuvre oublié », l’œuvre connut à sa création un succès public réel, mais un accueil critique réservé, avant d’être rapidement retirée de l’affiche. L’opéra sombre dans l’oubli après la mort de son autrice, Augusta Holmès, en 1903, tout comme son vaste catalogue : plus de 300 mélodies, trois symphonies dramatiques, sept poèmes symphoniques et quatre opéras. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette éclipse : son admiration revendiquée pour Wagner, un sujet inspiré de l’actualité des années 1880 (la résistance monténégrine face aux Turcs), devenu moins parlant quinze ans plus tard, mais aussi certaines positions politiques de Holmès, proche des Parnassiens et anti-dreyfusarde, comme le rappelle le chef Pierre Dumoussaud dans le programme. Son langage musical lui-même paraît déjà démodé lors de la création : une écriture patriotique et guerrière dominée par les cuivres et un héritage du grand romantisme français, dans un mélange de styles évoquant tour à tour Meyerbeer, Gounod, Saint-Saëns et surtout Wagner. Il faut attendre 2024 pour revoir l’œuvre à Dortmund grâce au travail du Palazzetto Bru Zane, puis cette production bordelaise mise en scène par Dominique Pitoiset.

L’esprit de l’art total wagnérien

Le livret, écrit par Holmès elle-même dans l’esprit de l’art total wagnérien, raconte l’amitié entre deux chefs monténégrins, Mirko et Aslar, bouleversée par l’arrivée de la jeune Turque Yamina. Séduit par cette dernière, Mirko abandonne peu à peu sa femme Helena et sa patrie pour suivre Yamina en Turquie. Malgré deux tentatives d’Aslar pour le ramener à la raison, l’histoire conduit finalement les deux amis à un affrontement tragique. Ce texte souffre de longueurs, de redondances et de quelques incohérences ; Holmès semble moins préoccupée par l’efficacité dramatique que par la mise en valeur de certaines pages musicales, ce qui expliquerait peut-être un livret souvent bavard. Le livret insiste d’ailleurs sur les thèmes de la fidélité et de la morale religieux, dans un écho assez troublant à notre époque. La partition alterne épisodes belliqueux et grands élans lyriques, entre effets spectaculaires et airs plus inspirés et intimistes.

Au Capitole de Toulouse, Nicole Chevalier triomphe dans une Salomé fulgurante

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L’annonce était alléchante : première mise en scène du baryton allemand Matthias Goerne. La représentation se révèle sensationnelle : Nicole Chevalier, appelée à remplacer au pied levé, livre une Salomé d’une puissance inouïe, entourée d’une distribution superlative. Au fil de l’opéra, un sentiment s’impose de plus en plus fortement : nous sommes peut-être en train d’assister à une représentation historique de Salomé de Richard Strauss.

Un univers clos, fascinant et inquiétant

Quelques instants après le début du prélude, un gigantesque portail doré s’ouvre sur un palais moderne gris en demi-cercle. Un escalier vient rompre la verticalité des murs de béton nu. Les lignes droites et les courbes dialoguent comme dans un tableau abstrait, évoquant une architecture dépouillée des années 1990. Les personnages, vêtus de gris et de jaune doré, portent des costumes dignes d’une saga spatiale. En effet, ce palais futuriste pourrait presque être un vaisseau spatial.

Dans cet espace hors du temps et du lieu, la voix de Jochanaan surgit des profondeurs, comme venue d’un autre espace-temps. Puis le prophète apparaît dans une capsule verticale éclairée d’une lumière blanche et froide qui remonte lentement à la surface. Toute l’action se déroule dans cet univers à la fois vide et oppressant, derrière ce portail qui coupe tout contact avec l’extérieur. Même la lune, inquiétante, n’est visible que depuis l’intérieur du palais, comme une hallucination des personnages.

La perversité de ce huis clos atteint son sommet lorsque Salomé se livre non pas à la danse des sept voiles, mais à « sept viols » : sept hommes viennent arracher un voile de sa robe avant de le brandir fièrement. Hérode contemple la scène, extasié, du haut de l’escalier. À ses côtés, Hérodias apparaît coiffée d’une haute structure ornée de rangées de colliers d’or. À la fin, une immense lune, elle aussi de couleur dorée, domine la scène, brille d’une lumière ensorcelante.

La scénographie de Hernán Peñuela, les costumes de Christof Cremer et les lumières de Vinicio Cheli fusionnent parfaitement pour créer un univers frôlant la folie, auquel se joint la chorégraphie sensuelle et inquiétante de Beate Vollack. Une véritable beauté visuelle. Matthias Goerne parvient ainsi à faire ressortir avec force la perversité de chaque personnage autour du désir, du pouvoir et de la domination.

4e édition du festival Pianopolis à Angers : pianos au pluriel

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Pour sa quatrième édition, le festival angevin Pianopolis, dirigé par Alexandre Kantorow et Nicolas Dufetel, musicologue et adjoint à la culture et au patrimoine de la Ville d’Angers, affirme une programmation éclectique. Sous leur direction artistique, le festival, porté par une volonté de diversité des répertoires et des esthétiques, investit plusieurs des plus beaux lieux d’Angers pour faire entendre, une fois encore, une large palette de styles musicaux

Elisabeth Leonskaja, la majesté

Cette année, Angers accueille une immense figure du piano : Elisabeth Leonskaja, l’une des grandes doyennes du piano international. Certes, à 80 ans, quelques notes échappent parfois au contrôle, quelques hésitations surgissent çà et là. Mais sa musicalité dépasse si largement ces accidents qu’ils deviennent insignifiants.

Le programme, essentiellement germanique, voire viennois, s’ouvre avec la Fantaisie en ut mineur K. 475 de Mozart. Dans cette bâtisse du XIIe siècle aux charpentes voûtées, les premières notes arpégées résonnent à l’instant où elle s’assied au piano. Le tempo est retenu, comme si chaque note avançait à pas mesurés. Le ton demeure grave, sans jamais sombrer dans le pathos. Et il y a toujours cette légèreté, cette innocence propres à Mozart. Tout au long de ce récital consacré également à Berg, Webern et Schubert, la pianiste donne une véritable leçon d’équilibre entre classicisme et modernité du XXe siècle, traversée d’une forte sensibilité romantique et postromantique. Dans la Sonate op. 1 de Berg, où le postromantisme semble à la fois exploser et résister à sa propre dissolution, elle préserve constamment le lyrisme de la ligne. Les phrasés chantent dans une sonorité intime, jamais saturée de résonance. Les Variations op. 27 de Webern se révèlent d’une grande sensibilité : chaque note possède sa propre trajectoire, sa propre direction. Son interprétation fait pleinement comprendre le caractère presque « vectoriel » de cette musique. Entre les deux, la Sonate en majeur K. 576 de Mozart déploie ses multiples épisodes avec une dimension presque opératique. Pourtant, là encore, c’est sous le signe de l’innocence que s’impose son jeu.

Le Briefing classique de la semaine

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Chères et chers mélomanes, semaine dense sur la planète classique, dominée par une cascade de nominations de premier plan — Elim Chan à San Francisco, Thomas Adès au Hallé, Stéphane Denève reconduit à Hilversum, Hannu Lintu prolongé à Lisbonne — et par la montée en puissance du Concours Reine Elisabeth de violoncelle, dont la finale s'ouvre lundi à Bozar. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé nos scènes et nos studios, glanés du côté de nos confrères de Pizzicato et Scherzo, sans oublier notre propre Journal Crescendo.

À la une : Reine Elisabeth, dernière ligne droite

C'est l'événement bruxellois de la semaine et du mois : la finale du Concours Reine Elisabeth 2026 consacré au violoncelle s'ouvre le lundi 25 mai à Bozar. Du lundi 25 au samedi 30 mai, deux des douze finalistes se présenteront chaque soir avec le Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus. Une édition particulièrement chargée en symboles : le 75ᵉ anniversaire du Concours, le 150ᵉ anniversaire de la naissance de la Reine Elisabeth et de Pablo Casals. Les douze finalistes ne disposent que d'une semaine, en loge à la Chapelle musicale, pour préparer l'œuvre imposée commandée à la compositrice Fang Man — Four Odes to the Tidings of Flowers, dont la création mondiale aura lieu le lundi 25 mai. Geste patrimonial inédit : l'instrument personnel de Pablo Casals, le Goffriller de 1733, sera exposé pendant la finale puis confié au Premier Lauréat pour une durée de quatre ans.

5 albums pour passer la semaine : jeunes cuivres, rêve américain et redécouvertes

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1. Tomasi, Pauer, Bloch, Szentpáli, Böhme : lauréats du Concours Kodály de Debrecen — Brass 2025

Karsa Vanyó, Marcell Szabó, Mustafa Khalilov, Brendan Connellan, solistes ; Kodály Philharmonic Orchestra ; Sandro Hirsch et Imre Kollár, direction. Référence : 5991813295026.

Les concours de cuivres ne livrent pas toujours leurs lauréats au disque, et c'est dommage : on perd ainsi la trace de ces moments où une génération s'affirme. Le Concours Kodály de Debrecen, devenu rendez-vous incontournable de la planète brass, propose ici un instantané de l'édition 2025. On y entend des partitions devenues classiques du répertoire — Tomasi, Bloch, Böhme — servies avec une technique irréprochable et, ce qui compte davantage, une vraie présence musicale. Le Kodály Philharmonic Orchestra, sous deux baguettes différentes, accompagne avec une attention qu'on aimerait entendre plus souvent dans ce type de captation. Une belle vitrine pour la jeune génération hongroise et internationale du cuivre.

2. An American Dream ? — Barbara Hannigan & le Gothenburg Symphony

Barbara Hannigan, soprano et direction ; Gothenburg Symphony Orchestra. Programme autour du « rêve américain » (Gershwin, Bernstein et alii). Référence : 3701624512227.

Barbara Hannigan ne fait jamais rien comme les autres, et c'est tant mieux. À la tête du Gothenburg Symphony Orchestra dont elle est cheffe principale, elle propose ici une traversée du American Dream qui interroge autant qu'elle célèbre — façon de rappeler que Gershwin et Bernstein, sous le vernis de la modernité triomphante, ont aussi écrit des partitions traversées d'ombres et de doutes. La double casquette de la Canadienne — voix et baguette — donne à l'ensemble une cohérence rare : on sent une pensée à l'œuvre, pas seulement un programme. Un album qui prolonge le sillon défricheur de ses précédentes parutions chez Alpha.