Une dernière valse pour Kazuki Yamada
Le concert de clôture au Palais Princier affiche complet. Il s'agit du dernier concert dirigé par Kazuki Yamada en tant que directeur artistique et musical de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. Une soirée forcément particulière, qui prend, au fil du programme, des allures de fête autant que d'adieu.
Le concert s'ouvre par une curiosité : une transcription du Quatuor à cordes de Maurice Ravel pour bois, cuivres et diverses percussions — sans aucun instrument à cordes — réalisée par le compositeur et arrangeur italien Giancarlo Chiaramello.
Le Quatuor de Ravel est un chef-d'œuvre, une œuvre d'une perfection formelle et d'une subtilité de timbres qui paraissent indissociables de son écriture originale. Ravel fut par ailleurs un orchestrateur exceptionnel, capable de transformer les couleurs instrumentales sans jamais perdre la substance de sa musique. Pour La Valse, il travailla simultanément aux versions pour piano, pour deux pianos et pour orchestre — trois réalisations musicalement indépendantes.
Giancarlo Chiaramello connaît, lui aussi, parfaitement l'art de l'arrangement. Il a notamment signé les arrangements de tous les concerts Pavarotti & Friends, expérience qui témoigne d'une solide maîtrise de l'écriture orchestrale et des possibilités offertes par les différents pupitres.
La démarche n'en demeure pas moins surprenante. Entendre les fameux pizzicati du deuxième mouvement du Quatuor transposés aux bois, aux cuivres et aux percussions constitue certes une expérience insolite. Mais cette curiosité sonore peine à convaincre sur le plan musical. Ce qui, chez Ravel, naît d'un équilibre extrêmement subtil entre quatre instruments à cordes — de leurs attaques, de leurs résonances et de leur complémentarité — perd ici une part importante de son évidence et de sa finesse.
La virtuosité de l'arrangement est indéniable, mais elle ne suffit pas à faire oublier ce que l'œuvre originale doit précisément à son écriture pour cordes. La transcription apparaît davantage comme un exercice de style que comme une nécessité musicale. L'Orchestre ne joue d'ailleurs que les deux premiers mouvements — vraisemblablement pour des raisons de minutage —, laissant une impression d'inachevé. Le public accueille cette proposition avec des réactions partagées.
Heureusement, la suite du programme donne à la soirée une tout autre dimension.




