1 Degree Celsius de Sung Im Her à Avignon : une chorégraphie un brin réchauffée pour parler du réchauffement climatique
La pièce a pour origine la tristesse du fils de Sung Im Her face au dérèglement climatique. La chorégraphe l’interroge sur le rôle qu’elle doit jouer, il répond “marcher plus”. La marche, le plus simple des mouvements sera donc la base de cette création pour 7 interprètes vêtus de costumes faits de matériaux de récupération. Les opercules de pots de yaourt sont ainsi réutilisés et déploient de très beaux reflets argentés.
La chorégraphe coréenne formée à P.A.R.T.S, l’école d’Anne Teresa de Keersmaeker qui elle aussi travaille les déplacements, investit la cour du lycée Saint Joseph pour sa première en France avant un passage à Chaillot cet hiver. C’est elle qui ouvre le spectacle avant que les autres danseurs ne la rejoignent pour une marche et une course géométrique millimétrée où tous se frôlent sans se percuter. Chaque interprète explore un mouvement singulier composé d’appuis et de chutes jusqu’à ce qu’une forme de groupe se développe. Certains passages sont plus intéressants, à l’exemple de ce duo d’hommes tout en portés, trop vite interrompus par la marche répétitive ponctuée de roulades.

Si la feuille de salle donne tous les éléments de compréhension et que le contexte de canicule parle de lui-même, la pièce reste assez abstraite et seule la lumière de plus en plus chaude et large, annoncée coordonnée en temps réel à la chaleur croissante de la Terre, donne une matérialité au propos.
Le silence est souvent interrompu par la musique d’un autre spectacle ou d’un bar voisin, mais lorsque celle choisie par la chorégraphe retentit dans la cour, on découvre un beat entraînant créé à partir de données climatiques. La ferveur peine pourtant à se transmettre au public assis malgré l’énergie déployée par les danseurs. La chorégraphie et sa dramaturgie ne procurent que peu d'émotions, tandis qu’un sentiment de déjà-vu s’installe pour ceux habitués des pièces d’Anne Teresa de Keersmaeker.
Crédits photographiques : Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon


